Naoshima - L'île où l'art respire

20/11/2022
Panneau de Naoshima à Naoshima - Japon

Après Hiroshima, j'ai pris le train jusqu'à Uno, puis un ferry vers Naoshima, petite île posée dans la mer intérieure de Seto. À peine 4 000 habitants. Aujourd'hui connue comme un musée à ciel ouvert, elle fut autrefois une île industrielle, dominée par une raffinerie de cuivre. Une histoire lourde, transformée avec le temps en écrin d'art contemporain.

J'ai logé dans un ryokan simple, presque spartiate, près du port de Honmura.
Dès mon arrivée, un petit panneau dans la chambre m'a fait sourire : « Fermez bien la porte pour éviter l'entrée des araignées ». Charmant accueil dans le Japon rural !

Post-it d'un auberge à Naoshima - Japon
Art house projet à Naoshima - Japon

Le premier jour, j'ai découvert l'Art House Project : plusieurs anciennes maisons du village transformées en œuvres d'art. Certains intérieurs devenus des expériences sensorielles.

Il y a Minamidera, cette maison conçue par l'architecte Tadao Ando où on est plongés dans le noir total pour accueillir l'installation Backside of the Moon de James Turrell

Tout commence par un couloir en bois sombre qui s'assombrit encore à chaque virage. On avance à tâtons, laissant derrière soi la lumière du soleil, pour déboucher dans une pièce complètement noire. On s'assoit, on attend. Quinze minutes. Pas un mot.

Au début, il n'y a rien. Ou plutôt, on croit qu'il n'y a rien. Puis, très lentement, l'œil s'habitue. Une faible lueur bleue apparaît au fond. Elle se précise, encadrée d'orange. En s'approchant, on comprend que c'est un espace vide, bleu, indéterminé. Le guide finit par expliquer que rien n'a changé depuis notre entrée, la lumière était là depuis le début. C'est nous qui avons changé.

Cette idée, que l'essentiel est parfois invisible au premier regard, m'a rappelé L'éloge de l'ombre et certains passages de Klara et le Soleil quand la lumière prend presque une dimension spirituelle.

Sculptures colorées de Yayoi Kusama à Naoshima - Japon

Le lendemain, j'ai exploré davantage l'île : petites maisons avec leurs potagers, une station de police minuscule comme une cabane, la mer toujours en toile de fond.

J'ai visité le Benesse House Museum, où l'art et le paysage se répondent et les sculptures colorées de Yayoi Kusama près de la plage.

Le soir, après le coucher du soleil, l'île est tombée dans un noir total. En suivant mon GPS, je suis arrivée devant une maison à la lumière douce. J'ai hésité, puis je suis entrée : c'était un petit restaurant animé (Café Salon Naka-Oku). On m'a placée au comptoir.

Deux jeunes femmes à côté de moi m'ont observée, puis souri, puis posé quelques questions en anglais hésitant. On a ri, on a pris une photo. Je ne savais pas que je les reverrais deux jours plus tard et que nous passerions un moment ensemble.  

Ce soir-là, j'ai mangé un octopus grillé parfait et appris à dire « délicieux » : oishii. Un mot simple, mais qui, ce soir-là, voulait dire : merci, pour l'art, la lumière et ces rencontres imprévues.

Carnet de voyage

Après plusieurs semaines de voyage, j'ai terminé mon itinéraire par deux destinations très différentes : Kobe, célèbre port ouvert sur le monde et Hakone, havre de nature et d'onsen (bain d'eau thermale) blottis dans la montagne.

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