Takamatsu : Chemin de rencontres

22/11/2022
Jardin Ritsurin à Takamatsu, Shikoku - Japon

Après Naoshima, j'ai pris le ferry pour rejoindre Takamatsu, capitale du Shikoku. Cette île, moins connue des touristes, est célèbre pour son pèlerinage des 88 temples, une sorte de Compostelle japonais, qui traverse montagnes et villages. 

Avec seulement quatre jours devant moi, j'ai choisi de commencer par ce lieu qui respire à un autre rythme, plus lent, plus ancien.

A'Takamatsu, j'ai découvert le jardin Ritsurinconsidéré comme l'un des plus beaux du Japon. Des sentiers et collines des pins taillés à la perfection et une maison de thé au toit de chaume qui semblait sortie d'un autre temps. 

Éloge de l'Ombre me revenait en mémoire : cette idée que la beauté n'est pas seulement dans ce qui se voit, mais dans ce qui se devine à travers les nuances de lumière et de silence.

Puis, par hasard, un message est arrivé sur Instagram. C'était Nana, l'une des filles rencontrées à Naoshima. Elle me proposait de venir me chercher en voiture pour me faire découvrir sa ville. 

J'ai accepté sans hésiter. Et ce fut une super expérience. 

Elle m'a conduite jusqu'au mont Yashima, où se trouve le 84e temple du pèlerinage de Shikoku. A' la tombée du jour, la vue s'est ouverte sur la mer intérieure, baignée d'une lumière douce. Je me suis sentie comme Murakami le décrit parfois : en marche vers quelque chose d'invisible, avec la certitude que le chemin compte plus que la destination.

Amie japonaise de Martina à Takamatsu, Shikoku - Japon

Je l'ai surnommée Nana the Super Girl, comme l'héroïne d'un manga des années 80. Libre, spontanée, généreuse. 

Ensuite, Nana m'a fait gouter à des pâtisseries locales, puis nous avons dîné dans un petit restaurant où nous avons croisé ses amis. 

Elle parlait très peu l'anglais, moi pas un mot de japonais. Alors nous avons parlé par Google Translate, par sourires et par gestes. Finalement, nous avons réussi à nous raconter nos vies dans ce mélange approximatif, mais sincère. 

J'ai découvert qu'elle était logopède. De mon côté, je lui ai parlé de mon travail dans l'humanitaire et de mes missions en Afrique avec Médecins Sans Frontières, même si je ne suis pas médecin. Cela m'a amusé de constater qu'elle ne savait pas où se trouvait Bruxelles, la ville où je vis depuis des années, alors qu'elle me confiait rêver de visiter l'Italie. 

Nana, anime japonaise

Cette rencontre m'a rappelé ce que j'aime dans mes voyages : ces moments imprévus, où, malgré les barrières linguistiques, on arrive à se comprendre autrement. 

Un peu comme dans les romans de Banana Yoshimoto, où l'essentiel passe par des détails simples, partagés. Ou comme dans Les Gens de la rue des rêves et La Bibliothèque des rêves secrets, qui montrent que les petites histoires tissent une humanité partagée.

Carnet de voyage

Après Naoshima, j'ai pris le ferry pour rejoindre Takamatsu, capitale du Shikoku. Cette île, moins connue des touristes, est célèbre pour son pèlerinage des 88 temples, une sorte de Compostelle japonais, qui traverse montagnes et villages.

Après Hiroshima, j'ai pris le train jusqu'à Uno, puis un ferry vers Naoshima, petite île posée dans la mer intérieure de Seto. À peine 4 000 habitants. Aujourd'hui connue comme un musée à ciel ouvert, elle fut autrefois une île industrielle, dominée par une raffinerie de cuivre. Une histoire lourde, transformée avec le temps en écrin...

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